Industrie musicale

L’industrie musicale

Objectif : Comprendre l’industrie musicale avec ses différents acteurs. Qui gagne quoi ? Par un exemple concret (artiste 1 M monthly listeners sur Spotify, comparer avec TopMusic). Cible 18-40ans francophones du nord, chrétiens plus largement mais aussi non-chrétiens.

Temps de lecture : environ 5 minutes

Comprendre l’industrie musicale

L’industrie musicale est un secteur en proie à de nombreuses idées reçues et demeure assurément en pleine mutation avec l’hégémonie récente du streaming musical. Dès lors, essayons ensemble de comprendre ce secteur, ses différents acteurs et leurs rôles, afin de mieux cerner les enjeux entourant la création de TopMusic.

L’artiste, colonne vertébrale de l’industrie musicale

Qu’il soit auteur, compositeur ou interprète, l’artiste est le centre névralgique de la création musicale et donc de l’industrie qui l’entoure. Mais avant toute chose définissons les différentes facettes de l’artiste.

Premièrement il y a le compositeur, il désigne la personne musicienne qui crée la succession de notes et d’accords qui va donner la musique. Pour la SACEM, qui est la société de gestion de droits d’auteur en France, le compositeur est celui qui imagine la mélodie. Il s’opère ainsi une distinction avec l’arrangeur qui réalise l’accompagnement instrumental de la mélodie. Ensuite il y a l’auteur, aussi appelé parolier, celui-ci crée le texte de la chanson. Pour finir il y a l’interprète, qui à partir de la partition et des paroles créées auparavant, va utiliser sa voix et parfois aussi des instruments pour jouer la musique, il lui donne corps. Bien sûr ces différentes fonctions sont cumulables, il n’est ainsi pas rare qu’un artiste soit auteur-compositeur-interprète.

Ainsi nous voyons que l’artiste est à l’origine de la création de la musique. Mais pour qu’il puisse continuer sa mission de création il faut que ces œuvres soient protégées et lui reviennent de droit. Sinon quoi elles tomberaient dans le domaine public, tout le monde pourrait se les approprier et l’artiste ne pourrait toucher la reconnaissance et la rémunération qui devrait logiquement lui revenir pour son travail. Ainsi abordons la thématique centrale des droits d’auteur.

La question des droits d’auteur

Les droits d’auteur sont inévitables dans l’industrie musicale, ils permettent en effet à l’artiste d’être récompensé pour son travail qui va être protégé de son appropriation par d’autres individus. Ainsi les droits d’auteur permettent la pérennisation de l’industrie musicale puisque ceux-ci, s’ils sont distribués justement, permettent une correcte rémunération et encouragent donc à continuer la création artistique musicale. On distingue comme droits d’auteur les droits moraux qui assurent la protection des œuvres face à son appropriation par d’autres personnes, l’impossibilité de la modifier sans accord de l’artiste original, des droits patrimoniaux qui concernent plutôt l’exploitation de l'œuvre. Puis finalement une dernière distinction s’opère parmi les droits patrimoniaux entre le droit de représentation et le droit de reproduction. En effet le droit de représentation concerne l’utilisation de l'œuvre en public, tandis que le droit de reproduction concerne la “fixation” matérielle de l'œuvre sur différents supports tels que les CD par exemple. Cependant, l’artiste ne va pas toucher à lui tout seul l’intégralité de ces droits puisqu’il ne peut assurer lui-même toutes les missions entourant la création musicale, alors comme nous allons le voir les maisons de disque qui constituent le second grand acteur de l’industrie musicale vont pouvoir toucher aussi une partie de ces droits.

Les maisons de disques, majors tout-puissants ?

Les maisons de disques sont quelque peu le poumon économique de l’industrie musicale. Leur rôle est multiple : elles produisent les artistes, c'est-à-dire qu’elles les financent dans la réalisation de leurs projets, elles gèrent aussi l’exploitation des œuvres, ainsi que leur distribution (CD, streaming,...), plus largement aussi elles touchent souvent à la communication des artistes via les réseaux sociaux notamment. Cette définition des rôles de la maison de disques passe généralement par la signature d’un contrat entre la maison de disques et l'artiste. Il existe plusieurs types de contrats, souvent ceux-ci profitent très largement aux maisons de disques qui se réservent au minimum 50 % des droits d’auteur gagnés. De ce fait, les maisons de disques sont les principaux investisseurs de cette industrie et gagnent de l’argent que si la musique qu’ils soutiennent rapporte de l’argent, on assiste donc là à une standardisation de la musique vis-à-vis des normes à succès.

De plus, un autre phénomène est caractéristique de l’industrie musicale : Ce milieu est dominé par un oligopole. En effet 3 maisons de disques, surnommées “majors”, comprenant Universal Music Group, Sony Music Entertainment ainsi que Warner Music Group comptent pour environ 75 % des ventes de l’industrie musicale. Ces sociétés ont mis en place un système industriel qui prend en compte toute la chaîne de production musicale (l’écriture, la composition, l’enregistrement en studio, la distribution, la promotion, le marketing, l’édition, les spectacles,...). Les majors ont une telle domination sur l’industrie musicale qu’elles en contrôlent la majorité des échanges économiques, ne laissant qu’une portion aux labels indépendants. Ainsi, les artistes sont quelque peu dépourvus face à ce pouvoir puisque signer chez une major signifie bien souvent confier l’exclusivité de l’exploitation de son œuvre en échange d’un pourcentage (souvent faible) des droits d’auteurs. La maison de disque prend alors absolument tous les frais entourant la création musicale à sa charge, l’artiste ne devient qu’une machine à produire, obligé par son contrat de respecter la cadence imposée par la maison de disque. Ainsi leur pouvoir de pression est considérable et elles peuvent clairement mener la danse face aux nouveaux géants de l’industrie, les plateformes de streaming, en imposant leurs conditions (promotion de leurs meilleurs artistes) pour avoir accès à leurs catalogues immenses. Ceci nous permet d’aborder le sujet du nouvel acteur incontournable de l’industrie musicale, les plateformes de streaming.

La nouvelle hégémonie des plateformes de streaming musical

En 2008 dans un rapport, L’IFPI (Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique) déclarait que 95 % de la musique au format numérique serait d’origine piratée ce qui a constitué un manque à gagner considérable pour l’ensemble des acteurs de l’industrie. Heureusement c’est au début des années 2010 que l’essor progressif des plateformes de streaming musical a permis au consommateur de renouer légalement avec la gratuité de consommation de biens musicaux tout en permettant aux professionnels de la musique une rémunération. Aujourd’hui le streaming est l’acteur inévitable de l’industrie, en 2019 il représente un chiffre d’affaires de près de 9 milliards de dollars pour une part de plus de 50 % des revenus totaux de l’industrie musicale dans le monde.

Concrètement, combien gagne un artiste sur Spotify ?

Cependant s’il y a bien un sujet à débattre à propos des plateformes de streaming musical, c’est la question de la rémunération des artistes. Le principal modèle de rémunération des plateformes de streaming audio est le modèle dit du “prorata” : l’ensemble des revenus est à répartir entre les différents acteurs, en moyenne 30 % pour la plateforme, 70 % pour la maison de disque qui partage ensuite avec l’artiste selon les termes de leur contrat. L’inconvénient de ce modèle est qu’il privilégie les “gros” de l’industrie. L’étude réalisée par Aepo Artis en 2019 constate de cette manière que 90 % des artistes perçoivent moins de 1 000 euros par an grâce au streaming, et que seulement 1 % des artistes parviennent à gagner au moins un SMIC. Alors que dans le même temps, le rappeur Drake par exemple a gagné près de 52,5 millions de dollars grâce à la plateforme sur 2020.

En France, un artiste sur Spotify est rémunéré environ 0,00269 euro par stream. Alors avec 1 million de stream il gagnerait 2 690 euros. Étant donné que les maisons de disques captent en moyenne 70 % de ces revenus, et qu’ils en reversent qu’environ 10% aux artistes, on imagine bien qu'à seulement 0,00269 euro par stream, la paye est bien maigre pour l’artiste à la fin même s’il a généré beaucoup de streams. À titre d’exemple on peut illustrer cela par la violoniste Tasmin Little qui a déclaré dans un tweet en mai 2020 n’avoir reçu que 13,38 euros en 6 mois pour environ 5 millions de streams.

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Quid du rôle à jouer par TopMusic ?

Heureusement pour les artistes, la nouvelle application de streaming musical TopMusic propose dès lors un nouveau système de rémunération dit “user-tip-centric”. Ce dernier permettra aux fans, à partir du prix de leur abonnement, de rémunérer via des “tip” leurs artistes favoris.

ceux que vous écoutez réellement, là où le modèle du “prorata” partageait manière globale le gâteau favorisant ainsi les gros de l’industrie sans pour autant que vous les ayez écouté. Ce nouveau système permettra ainsi de relancer de manière saine une industrie musicale encourageant véritablement la création de contenu. À travers le tip, on rétablit aussi l’engagement entre un artiste et son public par l'intentionnalité du geste.

Sources:

-https://culturap.fr/comment-fonctionne-lindustrie-musicale/